EDITORIAL

Cet espace est dédié aux femmes, indiennes ou qui vivent en Inde, et qui y font de belles choses. Au fil de nos rencontres nous vous ferons découvrir ces visages, ces histoires que nous avons aimés et que nous voulons vous faire partager.

L’Inde est un pays de contrastes et la condition des femmes n’en est pas un des moindres. Mettre au monde une fille, voire plusieurs, reste un souci pour nombre de gens et en même temps, le pays est présidé par une femme alors que dans certains pays que nous ne citerons pas, l’idée d’une femme à la présidence a fait grincer bien des dents. Heureusement les choses évoluent…

Le 24 janvier 2009,  l’Inde a célébré le premier Girl Child day, une journée pour sensibiliser toutes les familles à l’urgence de laisser naître les petites filles.

Nous mettrons ainsi en avant ces femmes qui s’investissent, créent ou qui tout simplement au quotidien sont dans le faire à travers la réalité de chaque jour.

Nous vous ferons également partager certains livres, films, articles que nous aimons et qui nous ont semblé intéressants pour mieux rendre hommage à ces femmes qui, avec leur courage, leur beauté, nous apprennent l’humilité.

Si comme nous, vous ressentez le besoin de faire connaître certains parcours, nous vous invitons à nous faire part de vos coups de coeur, articles, photos et émotions. Si vous le souhaitez, certains seront publiés.

Vous pouvez contacter pondicheries@hotmail.com

Ce projet fut élaboré en collaboration avec actupondy

Agnès DEAL

SATHYA

Sathya

Le sourire et la gentillesse de Sathya vous accueillent dans son village de pêcheurs pour vous permettre de découvrir un des quartiers les plus attachants de Pondicherry, témoin encore vivant du mode de vie traditionnelle indienne dans ce village de pêcheurs.

 

Sathya vous régalera avec sa cuisine locale aux saveurs douces ou plus colorées avec ses poissons et crevettes sortis frais de la mer la nuit même par ses amis pêcheurs et voisins.
 
« Pondichérie »:
 chambres et table d’hôtes avec vue mer
 découverte de l’Inde sociale
 projet mené par des femmes indiennes locales
Implantation en quartier populaire typiquement indien, plein de charme, calme, insertion dans la vie locale, au coeur d’une population accueillante et souriante, les enfants dans la rue, les points d’eau collectifs, les petits marchés, les temples locaux…
Appartements et chambres confortables avec décoration indienne – à proximité ou face à la mer – cours de cuisine indienne !
Sathya vous attend au coeur de la vraie vie indienne traditionnelle !

http://pondicherie.wordpress.com/

tél 00 91 97 91 89 09 24

pondicherie@hotmail.com

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BANU

Banu

SANTHOSHA NANBAN

Banu est une femme de Pondicherry qui a d’abord travaillé pour Handicap International et a ensuite créé avec son mari belge un projet d’aide pour enfants issus de familles en difficulté ou ayant été abandonnés.  Elle gère au quotidien cette association qui accueille une cinquantaine d’enfants en grande difficulté familiale et sociale, parfois même sans famille.
 
Certains ont été abandonnés dans des grands centres urbains et vivaient seuls dans la rue.
 
Le centre  accueille des petits garçons et des petites filles dans deux maisons louées grâce à quelques dons venant d’Europe.
 
Une crêche existe pour les touts-petits et une école de devoirs.
 
Il devient difficile de louer des maisons à Pondicherry et le centre est obligé de déménager, ce qui rend le travail difficile.
 
Banu et son mari Philippe souhaitent donc pouvoir construire un bâtiment sur un terrain à acquérir afin de sauvegarder une stabilité pour les projets et les enfants.
 
Toute aide financière sera précieuse et c’est là son espoir pour le futur.
 
Banu et Philippe ont constitué une ONG officielle avalisée par les autorités indiennes.
 
Bienvenue à Pondicherry pour lui rendre visite ! 
 
Vous pouvez la contacter par email 
 
 
tel   00 91 413 222 82 64         BANU

MADELEINE

Madeleine de Blic

Madeleine De Blic – Le Volontariat

Le volontariat, Madeleine de BlicNous rencontrons aujourd’hui Madeleine de Blic qui a tant fait et œuvré chaque jour pour continuer de faire reculer la grande pauvreté et s’est tant investie pour faire avancer les choses en Inde. Elle nous reçoit avec toute son humilité et sa très grande gentillesse habituelles.

Lorsqu’elle arrive en 1962 de Belgique, Madeleine Herman qui vient pour consacrer une année de sa vie au service des plus pauvres est sage femme chez les sœurs de Cluny. De santé plutôt fragile, elle œuvre rapidement et organise dispensaires et petites interventions sans grands moyens financiers.

Elle épouse par la suite Arnaud De Blic, venu en Inde comme coopérant au Lycée Français avec qui elle a 2 enfants et adopte 2 enfants abandonnés.
De retour en Europe, elle y cherche des moyens pour financer son association. Ainsi naît le Volontariat, organisme non confessionnel financé par des amis européens et des particuliers.

C’est au village d’Oupalam, que commencent crèches, infirmerie, écoles du soir, maison de retraite, ateliers: ce qui est maintenant le Volontariat et qui sert chaque jour plus de 1600 repas et parraine environ 1300 enfants et où 200 personnes travaillent chaque jour .

Ces grands axes principaux sont maintenant développés :

Le Volontariat- Atelier Shanti qui veut dire Paix en sanskrit ; ll s’agit d’un atelier de tissage, de couture et de broderie pour les handicapés : handicapés moteurs, malades atteints de la lèpre, «handicapés sociaux» comme les appelle Madeleine de Blic. Sous cette appellation, elle entend surtout les femmes ayant subi des atteintes morales et physiques de la part de leur mari, mais aussi toute personne exclue du tissu social.
L’atelier Shanti permet ainsi à ces handicapés d’obtenir un travail, une rémunération, mais aussi une indispensable reconnaissance au sein d’un groupe.
Les produits fabriqués par l’atelier (tissus, nappes, sacs, vêtements pour enfants, broderies.) sont majoritairement exportés, pour être vendus aux comités européens de soutien au Volontariat à travers des équipes bénévoles ainsi qu’à plusieurs organismes axés sur le commerce équitable.

- Selva Nilayam, où sont installés les bureaux, le dispensaire, la cuisine et la cantine puis récemment Amadi Illam, où sont accueillies des personnes âgées sans ressource et des handicapés physiques.

- Shakti Vihar est essentiellement dédié aux enfants. Crèche, école maternelle, cours du soir, et pour les plus grands, ateliers d’apprentissage (menuiserie, broderie, perles), ainsi que la gestion du programme de parrainage. Crèche et cours du soir : actuellement, plus de 60 bébés bénéficient des services de crèche, 77 enfants sont accueillis à la maternelle et 15 cours du soir sont dispensés tous les jours. Cette structure d’accueil permet à plus de 1300 enfants d’être parrainés et de suivre un enseignement scolaire adéquat.

- Centre communautaire, où se trouvent deux grandes salles utilisées pour le développement de programmes éducatifs (moyens audio visuels) et pour les fêtes de mariage ou autres cérémonies traditionnelles.

vol3Puis ce très beau projet de Touttipakam, ferme désertique à l’origine qui est devenue une ferme biologique et une oasis de verdure. Là est assurée la production de riz, de fruits et l’élevage de poulets indispensable à nourrir tous les enfants et les employés du centre, ainsi que la culture de spiruline. Elle apporte donc deux avantages très séduisants : 20 salariés-agriculteurs de la ferme ont un travail à plein temps et elle génère une autosuffisance alimentaire qui réduit les frais d’achat et permet au centre de fonctionner de façon indépendante.

Mme De Blic y a installé des enfants des rues bafoués par la vie et qui n’ont rien connu d’autre que la rue. Les enfants abandonnés vivent désormais par groupes de 9 sous la “tutelle” d’une “mère” qui vient elle aussi des trottoirs de la ville et qui les élève avec ses propres enfants.

- Le centre Souriya : ici, 20 garçons des rues bénéficient d’un lieu pour dormir et se restaurer. Certains d’entre eux deviennent par la suite salariés au sein de la ferme ou obtiennent, grâce au Volontariat, un travail en centre ville. Le Volontariat leur donne le moyen de se construire ou de se reconstruire sur des bases solides.

Le VolontariatLors de notre rencontre, Madeleine continue à chaque instant de répondre à toutes les personnes qui viennent la solliciter avec un mot gentil pour chacun et m’explique qu’elle a tant appris au contact des femmes et que, d’après elle, la force de l’Inde passe inévitablement par elles…
Elle met également l’accent sur ses objectifs qui sont encore et toujours de privilégier l’éducation et l’instruction et qu’elle se doit d’éveiller et adapter chacun aux changements du monde actuel.

Persévérance est sans aucun doute le maître mot de Madeleine qui, sans jamais baisser les bras, chaque jour, encore, après toutes ces années, construit et s’investit.
Nous sommes plus qu’admiratifs de toutes ces différentes actions que le Volontariat mène de front, avec le même souci d’organisation et de réinsertion sociale pour tous, enfants comme adultes, femmes comme hommes…

Pour plus encore de renseignements et pour aider et soutenir le Volontariat vous pouvez consulter le site www.volontariat-inde.org 

COLETTE

Colette et Sumathi, Couleurs du Monde

Ecrit par Agnès Déal

couleurs du monde pondichéry
Colette, originaire de Normandie n’a eu de cesse dès l’âge de 20 ans, de partir à la découverte d’horizons lointains. Après plusieurs voyages, notamment en Afrique, elle étudie le chinois et l’allemand. Puis elle rencontre des personnes travaillant pour des associations humanitaires et devient elle même marraine d’une famille de Pondichéry; ce cheminement la convainc de monter sa propre association et ainsi de relever le défi de venir en aide à l extrême misère des femmes indiennes.
Depuis 2002, l’association a pour but d’apporter un soutien financier efficace – grâce aux parrainages – aux femmes en détresse. En 2003 elle fait la connaissance de Sumathi, jeune femme indienne née à Pondichéry en 1971 qui vit dans une grande précarité et subit des violences familiales. Colette la forme alors comme assistante , lui redonne confiance en elle. Elle travaille depuis à Couleur du Monde, reçoit les femmes, les écoute, les conseille et depuis, peut élever seule ses 3 enfants avec moins d’angoisse et de peur pour l’avenir.

Le projet premier de Couleur du Monde est de permettre à une mère de pouvoir rester auprès de ses enfants.

Le statut de la femme en Inde est extrêmement difficile, avec encore plus de souffance sen ville qu’à la campagne. Elle n’a pour droit que de se taire et son sort est sous la coupe de son mari. Peu de chances de s’en sortir car elle est à la merci de sa famille ou de sa belle famille.
Pour les familles pauvres, avoir un enfant de sexe féminin est considéré comme une catastrophe car l’éduquer selon les coutumes coûte très cher. Dans certaines régions, l’infanticide est fréquent et les orphelinats ont trop de petites filles abandonnées. Naître fille en Inde est un véritable handicap. On rencontre ainsi beaucoup de femmes délaissées ou de veuves qui se retrouvent sans ressource à la rue…

couleurs du monde pondichéry

Couleurs du Monde a aussi mis en place des systèmes de microcrédit depuis 2005. Le micro-crédit n’est pas, cependant, une assistance : l’argent prêté devra être rendu. En général, les prêts vont de 3000 roupies (environ 50 euros) à 8000 roupies (environ 150 euros) pour une durée de 15 à 24 mois. Ils sont attribués sans interêts. 33 microcrédits ont ainsi été attribués depuis le début de cette initiative.
Ces femmes ont créé leur propre activité de couture, achat de vaches et veau pour la vente de lait, récupération de papiers, verres, plastiques…
Il est intéressant de noter que chaque cas a été une réussite, aucun abandon…voire même d’autres crédits qui suivent.
Ce système est un moyen efficace de lutte contre la pauvreté et de développement économique et il a aussi un impact socioculturel et environnemental réel sur toutes les populations impliquées.

Couleurs du Monde oeuvre aussi à Madagascar, vous pouvez en savoir plus et les soutenir en visitant leur site www.couleursdumonde.org

MALAR

Malar, une histoire de famille

Ecrit par Agnès Déal

Malar, à Pondichéry
 
Vous pouvez la rencontrer chaque jour, souriante, rue Annanda Rangapillai (face à La Poste) devant son énorme stock de noix de coco. C’est avec une extrême gentillesse qu’elle accepte de nous rencontrer pour nous parler un peu d’elle.

Elle s’appelle Malar et c’est tout naturellement qu’elle a repris la place qu’occupait sa maman Mouctoulaksmi depuis les années 1950. Â l’âge de 10 ans, entre petits travaux et cours à l’école, elle aidait à la vente des noix de coco et se tient maintenant elle-même à cet endroit depuis les années 1975.
Malar a exercé entre autres le métier de conductrice de rickshaws pendant 3 ans pour finalement devoir le céder à son frère qui n’en avait plus.

Elle a 45 ans, élève seule ses 4 filles depuis 15 ans et est maintenant grand mère d’une petite fille. Elle annonce quoi qu’il en soit qu’elle se trouve très bien sans homme dans sa vie.
Malar vit à la sortie de la ville depuis de très nombreuses années et pour se réapprovisionner en noix de coco, passe ses commandes environ 3 fois par semaine dans le village de Bahour. Elle explique que le marché devient de plus en plus difficile car les stocks partent pour Madras ou Bombay où le rendement est plus intéressant pour les négociants.
Ses clients sont autant d’origine indienne que touristique et elle échange volontiers avec chacun, voire avec chacun, voire même quelques mots de français avec aisance. 
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La saison des noix de coco ne durant que de janvier à juillet, le reste de l’année elle doit toutefois régulièrement mettre ses bijoux en gage pour subvenir aux besoins de sa famille.
Son optimisme et son sourire cachent quelquefois ses craintes car elle explique qu’elle est diabétique et qu’elle a peur pour son avenir et sa santé. Mais quand nous l’interrogeons sur ses espérances, elle nous fait comprendre que pour elle, les femmes devront continuer d’être courageuses et évoque aussi un projet qui lui tient à coeur : celui de créer une association d’entraide pour les femmes seules de son village avec leurs enfants.

Elle a aussi grand espoir que l’une de ses filles reprenne dans quelque temps cette place.
Si vous la voyez, n’hésitez pas, arrêtez-vous, goûtez ses très beaux fruits, échangez quelques paroles, elle se fera un plaisir de parler avec vous, du temps qui passe et des transformations de Pondichéry…

PRASANNA

Prasanna

Ecrit par Agnès Déal

Prasanna est peintre, 38 ans, radieuse, heureuse et a ouvert début 2009 son atelier-galerie au 61 Vysial street à Pondichéry. Elle est née à Kottayam au Kérala d’une famille non radicale religieuse, culturellement à gauche avec une ouverture d’esprit et déjà à l’écoute de l’art et de la littérature.

Elle vient de réaliser son rêve après des mois de recherche pour trouver à la fois un lieu rempli de lumière, beau et silencieux. Prasanna sait ce qu’elle veut : après un master de littérature, elle travaille dès 1990 comme journaliste dans un quotidien de Cochin, Deshabimani où ses articles sur la condition des femmes au Kérala sont appréciés, ainsi que ceux sur l’Art. Quand elle rencontre Alain professeur d électronique, malgré ses peurs, l’épouse et ensemble partent vivre à coté de Paris. Ses instants de solitude ressentis dans ces grands complexes ne lui font pas baisser les bras, elle ne perd pas de temps, apprend le français, s’inscrit à un cours d’art plastique et ainsi transforme en création ses craintes et ses espoirs.

Grâce à son ouverture d’esprit, sa simplicité naturelle, elle a la chance de rencontrer des femmes exceptionnelles notamment Hélène Cixous, féministe, intellectuelle et créatrice de la compagnie du Théatre du Soleil, qui lui montre le chemin de l’indépendance.

En 1998 naît Anna, jolie petite fille à qui sa maman a envie d’inculquer à la fois son ouverture d’esprit, ses rêves mais aussi son courage. En juillet 2008, Prasanna et Alain décident de revenir en Inde et de s’installer à Pondichéry. Anna est inscrite à l’école française, est déjà créatrice comme sa maman et, remplie de joie de vivre, s’intègre rapidement et découvre son pays.

Bien que Prasanna se consacre à sa peinture, elle continue de s’engager, travaille toujours comme journaliste, écrit des poèmes et actuellement prend aussi des leçons de conduite. Ses tableaux à la fois purs et colorés plaisent et Eric Vivier, un de ses professeurs à Paris, écrit “sophistiquée et brute, croisant 2 traditions, 2 histoires très différentes de l’art, entre science des couleurs et naïveté nécessaire du dessin, la peinture de Prasanna agit comme une vision, une apparition : émane une grande intensité onirique….. ».

 Elle reconnaît facilement l’aide au quotidien que lui donne Alain, son époux et Prasanna parle volontiers des projets qui lui tiennent à cœur : elle envisage que son atelier devienne un endroit où auraient lieu des cours de théâtre, des soirées musicales – elle croit très fort à la music-thérapie – et peut-être aussi des conférences.

En attendant nous vous invitons à lui rendre visite, les artistes peuvent y déposer des œuvres et pour tout ceux qui aiment l’Art, aller entendre la musique du silence de ce bel endroit.

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